Siemens : le métavers en plus des 3 piliers Datas, IA et jumeau numérique

Publié le 22 janvier 2024 par Redaction Twin+

Siemens : le métavers en plus des 3 piliers Datas, IA et jumeau numérique

Le métavers industriel fait figure de nouveau cap cette année chez Siemens. Une nouvelle capacité digitale et immersive qui va reposer sur le socle de 3 technologies qui vont continuer à se développer dans les industries : Datas, IA et jumeau numérique. Entretien avec Yohann Mesmin, Directeur Digital Transformation chez Siemens Digital Industries Software, sur les principales tendances pour 2024.

Quelle est votre principale tendance pour 2024 ?

Roland Busch, le Président-Directeur général de Siemens, a eu l’opportunité de réaliser la conférence d’ouverture du CES à Las Vegas pour l’évoquer : il s’agit d’évoluer du jumeau numérique vers le métavers industriel. Cela signifie que nous voulons aller encore plus loin dans notre capacité d’exploiter des modèles ultras pertinents en termes de représentation virtuelle. Nous voulons aller au-delà du jumeau numérique classique avec la capacité d’avoir une représentation de l’usine, de la machine, du produit et les exploiter. Cette annonce a été accompagnée d’une forte notion d’ouverture, à commencer par le partenariat noué avec Sony pour développer l’ingénierie immersive. La réalité virtuelle et la réalité augmentée seront utiles pour intégrer les modèles et faire de la revue de maquette par exemple dans le cadre de formation ou d’opération de maintenance. Cette nouvelle solution donnera un coup d’accélérateur à la création de contenus pour le métavers industriel.

Il s'agit donc d'un vrai objectif et pas seulement de reprendre le flambeau d'un sujet phagocyté, puis abandonné par Meta ?

C’est vrai qu’on a parfois l’impression d’ajouter des «buzz words», mais la réflexion est plus profonde. Il est vrai que l’approche marketing d’un métavers purement visuel n’est pas intéressante en soi. En revanche, des industriels comme Renault développent un métavers industriel depuis longtemps, ce n’est donc pas nouveau. Chez Siemens, nous voulons et nous pouvons aller plus loin. Par exemple, je pense que l’utilisation du métavers en support de la maintenance prédictive est un vrai plus dans la gestion des aléas produits. Pour moi, le métavers est une manière d’agréger différents jumeaux numériques. Et le jumeau numérique comme le métavers industriel sont des notions qui vont évoluer avec un produit et l’accompagner tout au long de sa vie, du End-to-End, de la phase de conception à sa fin de vie ou au démantèlement qui peut être très complexe si l’on parle d’une centrale nucléaire.

L'IA était un autre sujet très présence ces derniers mois, cela va-t-il continuer ? 

Bien évidemment ! Dans cette même conférence du CES, Siemens a d’ailleurs annoncé s’associer à des experts comme AWS pour développer l’intelligence artificielle générative dans la programmation logicielle en lien avec notre solution Mendix… Alors, il est vrai qu’avec l’exposition donnée au sujet par Chat GPT, il y a eu un aspect sociétal très fort autour de l’IA cette dernière année. On associe l’IA au risque de « démuscler » cette capacité d’apprendre en ayant moins le culte d’apprentissage et la réflexion absolument nécessaire. Or, l’IA va permettre de simplifier beaucoup de choses dans les industries. Voyez le bénéfice de ce que va proposer Microsoft en permettant de réaliser de manière automatique le compte-rendu d’une visio Teams ! Par ailleurs, l’IA va permettre de capitaliser sur l’historique des bases existantes pour balayer en un espace de temps réduit des possibles encore plus larges, mais l’aspect critique et humain ne peut pas être déconnecté par exemple pour l’aide à la décision. Il faut donc continuer à alimenter les bases de données pour le machine learning. On note d’ailleurs que les nouveaux sujets comme l’hydrogène restent encore peu explorés par l’IA, car il n’y a pas encore assez de sources sur cette nouvelle technologie. Donc oui, il va encore y avoir beaucoup de cette combinaison de datas, d’IA et de jumeaux numériques, trois piliers chez Siemens ces prochains mois et dans de nombreux domaines.

Que vous inspire l'acquisition d'Ansys par Synopsis ?

Aujourd’hui, quel que soit le produit, un train d’atterrissage ou une voiture, il n’y a plus aucun composant mécanique qui ne soit accompagné par un système électronique ou logiciel. Mécanique, électronique et software fonctionnaient auparavant en cycles indépendants. Ces cycles sont aujourd’hui parallélisés et des interactions permanentes entre mécanique, électronique et software doivent s’établir au plus tôt, pour baisser le time to market et développer le jumeau numérique. Pour être complets et répondre à cet enjeu mécatronique, nous avions fait l’acquisition de Mentor Graphics il y a environ 5 ans… Cela nous permet d’avoir un positionnement sur le marché assez équivalent entre Siemens, Synopsis et Cadence.

Quels sont vos autres objectifs pour 2024 ?

Continuer à accompagner nos clients historiques qui ont besoin d’être accompagnés dans la transformation de leur industrie qui évolue et va continuer à le faire. Je prends en exemple l’automobile où l’on parle d’électrification, de conduite autonome et de réduction de l’empreinte carbone et l’on voit que le software est devenu le cœur du moteur d’un véhicule… Un autre axe, c’est d’aller sur de nouveaux marchés où il y a énormément d’innovation à apporter. C’est le cas de l’agroalimentaire qui se positionne comme la première industrie en France en termes de sociétés et d’acteurs. Ils doivent répondre à des attentes autour de la traçabilité, d’évolution de leurs produits, de réponse à des consommateurs de plus en plus exigeants, de maitrise de leur écosystème et de leur Supply Chain… D’une manière globale, cette thématique de la logistique et de maitrise de la Supply Chain qui était peu regardée et maitrisée par de nombreux acteurs à travers le monde va faire l’objet d’un examen plus minutieux. C’est l’une des conséquences du Covid et de ses nombreuses ruptures d’approvisionnement. Désormais, il est indispensable de mieux comprendre son écosystème et le maitriser de la manière la plus agile possible. La continuité numérique fait aussi partie des points importants. Beaucoup de nos clients remettent en cause leur façon de penser par silos et développent des environnements logiciels hétérogènes, plus ouverts. Nous devons continuer de proposer une plate-forme collaborative comme Siemens Xcelerator pour favoriser le partage et la collaboration. Il y a également des attentes autour de l’empreinte carbone et la digitalisation doit accompagner nos clients dans une meilleure compréhension des enjeux. Toutes ces attentes et ces sujets sont soulevés lors des clubs d’utilisateurs que nous mettons en place de manière de plus en plus fréquente. Cela fait partie de nos obligations en tant qu’éditeurs de rassembler nos clients qui utilisent nos solutions, quels que soient leurs secteurs. Ils se rencontrent autour d’une thématique et partagent des interactions, des similitudes et apprennent entre eux. Cette proximité est l’un de nos objectifs. Autrement, nous serons aussi à Hyvolution Paris, au CFIA à Rennes, à Global Industrie à Villepinte et la semaine suivante à BIM World Paris, où nous présenterons notre offre pour la construction « NX BIM »… Autant d’occasions d’évoquer le sujet du jumeau numérique !

 Propos recueillis par Xavier Fodor


Les prochains Clubs utilisateurs organisés par Siemens Digital Industries Sofware :

    • Club Simulation CFD et Systèmes: Toulouse 12 Mars  – Lyon 21 Mars  – Paris 23 Avril
    • Club Gestion des Exigences et Traçabilité : 30 Mai Paris
    • Club Planification et Ordonnancement : 29 Mai Paris
    • Club Essais & Mesures : 26 & 27 Mars Paris

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