Le projet de jumeau numérique de la France et des territoires franchit une étape décisive avec la mise en place d’un socle technologique souverain, ouvert et interopérable. Présenté à Digital Twin BIM World 2026, ce commun numérique vise à fédérer collectivités et industriels autour d’une infrastructure partagée, dont la plate-forme sera dévoilée le 13 avril.
Un jumeau fondé sur un socle ouvert
Lors de cette conférence, plusieurs partenaires sont venus détailler leur contribution à cette future plate-forme. Stéphane Vivian, directeur technique de 1Spatial, a rappelé qu’il s’agit d’un programme de R&D de trois ans, structuré autour de plusieurs briques, depuis l’architecture technique jusqu’aux services de visualisation, en passant par la donnée, les outils d’analyse et les moteurs de simulation. «On veut qu’il soit accessible par l’ensemble des acteurs», a-t-il résumé, en évoquant une architecture de services ouverte, souveraine, open source et surtout interopérable.
L’objectif n’est donc pas de tout faire, mais de fournir des API, des services opérés et une base technologique robuste à partir de laquelle d’autres pourront développer des applications verticales. «On va proposer ce socle pour que les collectivités et les acteurs publics arrêtent de bâtir un socle chacun de leur côté et refaire la même chose. Il faut mutualiser l’infrastructure pour accélérer les usages», résumait Yann Le Yhuelic.
Les cas d’usages au cœur de la démarche
Mais le consortium veut aller plus loin que le seul développement technique. Il prépare désormais l’ouverture d’une gouvernance élargie. «On va mettre en place dès les prochaines semaines des communautés techniques, des communautés thématiques, des communautés métiers», a annoncé Rudy Cambier. Cette gouvernance ouverte doit permettre d’associer les collectivités, les industriels et les offreurs de solutions au développement du socle. Elle sera complétée par six appels à projets sur trois ans, à raison de deux par an. Le premier est annoncé pour l’automne 2026.
En clôture, les organisateurs ont résumé l’ambition en quelques mots: un projet fondé sur trois priorités, à savoir «interopérabilité, souveraineté et ouverture», et conçu pour faire émerger une véritable «équipe de France» du jumeau numérique territorial. L’étape du 13 avril, avec la présentation de la plate-forme technologique, doit désormais donner un visage plus concret à cette ambition. Pour le consortium, l’enjeu n’est plus seulement de défendre une vision, mais de prouver que cette infrastructure commune peut devenir le point d’appui d’une filière entière.
✍️ Xavier Fodor

