Les systèmes CAVEs se défendent encore face aux casques VR

Publié le 15 juillet 2024 par Morgane Olès

Les systèmes CAVEs se défendent encore face aux casques VR

Les casques de réalité virtuelle se présentent comme une solution intéressante pour interagir avec les jumeaux numériques. À l’heure où Apple lance l’Apple Vision Pro, Twin+ est allé à la rencontre d’Imagin-VR. L’entreprise lavalloise persiste et signe : les systèmes de CAVEs n'ont pas dit leur dernier mot.

Moins connus du grand public que les casques de réalité virtuelle, les CAVEs sont davantage utilisés dans le monde professionnel. Le mot CAVE est l’acronyme de «Cave Automatic Virtual Environment». Cette technologie crée un espace de réalité virtuelle (VR) grâce à plusieurs surfaces de projections géantes qui forment une «pièce immersive». À la différence des casques de réalité virtuelle, le matériel n'est donc pas embarqué sur l'utilisateur.

Ce système a constitué une petite révolution dans le monde de la VR à son apparition dans les années 90. Les casques VR, développés dans les années 2010, se posent désormais en sérieux concurrents face à ces systèmes bien plus coûteux et gourmands en espace. «Aujourd'hui, certains systèmes commencent à arriver à des résolutions inférieures à ce que peut discerner l'œil humain», souligne même Marc Travers, gérant associé de la société lavalloise Imagin-VR.

Un système moins invasif pour l'utilisateur

Pourtant, son entreprise a fait le choix de développer uniquement des solutions basées sur le CAVE ! Pour Marc Travers, cette technologie est nettement supérieure aux casques sur plusieurs aspects clefs parmi lesquels, l'un des plus importants à ses yeux : la santé. Outre le fait que les casques restent souvent assez inconfortables, leurs effets sur l'être humain sont discutables. L’exposition à la réalité virtuelle peut perturber le système sensoriel et conduire à éprouver nausées, vertiges, sueurs, pâleur, pertes d’équilibre: des symptômes regroupés sous la dénomination de "cybercinétose", précise ainsi un rapport de l'ANSES sur le sujet. Quant aux effets à long terme, les chercheurs manquent encore de recul. À l'inverse, «les CAVEs sont beaucoup moins intrusifs», affirme Marc Travers. 

Une collaboration « native » 

D'un point de vue plus professionnel, le grand atout du CAVE valorisé par Imagin-VR est celui de la coopération. Alors que le casque peut avoir tendance à isoler l'utilisateur, « la collaboration dans le CAVE est native». D'abord, parce qu'il est possible d'y rentrer physiquement à trois ou quatre. Même si un seul utilisateur accède à la vue en trois dimensions, il est assez aisé pour les autres de comprendre ce qui est en train de se passer grâce aux projections. Les personnes à l'extérieur du cube voient aussi la personne en immersion et peuvent échanger facilement avec elle. Du coup, lorsque des professionnels souhaitent interagir avec un jumeau numérique, cette possibilité de coopération est cruciale pour croiser leurs compétences dans différents domaines.

«Nos solutions proposent aussi une vue 3D synchronisée avec le cube, précise le dirigeant. Grâce à celle-ci, les personnes à l'extérieur sont en mesure de déplacer les objets et de lancer les interactions en collaboration avec les personnes immergées. Il est donc possible de faire collaborer jusqu'à une dizaine de personnes. En à peine 30 minutes, des professionnels de différents domaines peuvent tester des hypothèses ensemble. Et ça, ça a une valeur énorme en termes d'échange et de réflexion», conclut Marc Travers.

 Morgane Olès


 imagin-vr.com/

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