Usine d'eau de Changé : un jumeau numérique pour piloter le chantier
Usine d'eau de Changé : un jumeau numérique pour piloter le chantier
Depuis 2023, l'agglomération de Laval travaille sur la construction d'une nouvelle usine de traitement des eaux. Un projet d'ampleur au sein duquel un jumeau numérique du futur bâtiment joue un rôle crucial.
Débutés en 2023, les travaux de l'usine de traitement des eaux de Changé devraient s'achever en 2025, pour une mise en service prévue en 2026. Mais le jumeau numérique de l'usine existe déjà et se positionne au cœur de l'organisation du chantier. Concrètement, il s'agit d'une maquette collaborative en trois dimensions qui accompagne le projet au cours de ses différentes étapes.
En amont, le maître d'œuvre a produit une maquette de l'extérieur, ce qui a permis de visualiser sur place l'ouvrage en réalité augmentée. Une manière d'estimer son impact dans son futur environnement, mais aussi de convaincre les décideurs du bien-fondé du projet. C'est cependant pendant la construction de l'usine en elle-même que ce jumeau numérique se révèle le plus utile. «Nous avons mis en place un processus BIM (building infrastructure management), qui consiste à faire travailler les différents corps de métier sur la même maquette numérique», explique Thierry Chochon, responsable du chantier de l'usine d'eau de Changé à Laval agglomération.
Cette méthode présente plusieurs avantages, dont un certain gain de temps: «Je dirais qu'on gagne environ 10% de temps sur l'ensemble du projet. Principalement, parce que les ajustements à effectuer se font plus rapidement sur cette maquette que sur un plan en deux dimensions». Il ne s'agit pourtant pas là de l'atout principal du jumeau numérique. «Chacun apporte son expertise directement sur la maquette, et cela permet d'éviter les confusions qui peuvent naître en passant d'un plan à un autre, d'un outil à un autre», explique le responsable de chantier.
Grâce à cette modélisation commune, les visions de différents professionnels sont confrontées directement lors des réunions de chantier: une étape que l'on appelle "clash detection": « Par exemple, en posant la charpente virtuelle sur la maquette, on s'est aperçu qu'un poteau arrivait dans un escalier, et on a pu ajuster très rapidement ».
Ces modifications millimétrées sont d'autant plus précieuses dans le contexte d'une usine de traitement des eaux, puisque de nombreuses jonctions doivent être parfaitement étanches.
Associer la réalité virtuelle
Enfin, l'équipe du chantier a pu, grâce à ce jumeau numérique, travailler sur l'ergonomie du projet. Pour cette étape, neuf experts sont rentrés dans un système CAVE déployé par l'entreprise ImaginVR. Cette technologie crée un espace de réalité virtuelle (VR) grâce à des surfaces de projection géantes qui forment une «pièce immersive». Les professionnels ont ainsi pu découvrir l'ouvrage à taille réelle. En se déplaçant autour des infrastructures, ils ont évalué leur praticité: est-il facile d'accéder à cette pompe ? Avons-nous la place de faire passer dans cette allée les outils nécessaires ? Cette valve est-elle située à la bonne hauteur ? Autant de détails clefs dont il n'est pas toujours facile de se rendre compte avant que l'ouvrage soit déjà terminé.

