Les limites du BIM selon Vinci Construction
Les limites du BIM selon Vinci Construction
Si l'usage du BIM est désormais relativement répandu dans le monde de la construction, l'introduction du jumeau numérique présente encore des défis. Lors du salon BIM World 2025, Christophe Allaz, directeur de projet pour Vinci Construction a fait le point sur les limites du BIM et sur la façon dont le jumeau numérique peut apporter des solutions.
Christophe Allaz est intervenu lors de la conférence "La révolution des jumeaux numériques" au BIM World 2025. / MO
Selon le Baromètre sur l’usage du numérique et du BIM des professionnels de la construction (2024), 56 % des entreprises en France utilisent le BIM (building infrastructure modeling) dans au moins 25 % de leurs projets. Cependant, certaines estiment d'ores et déjà que cet outil n'est plus suffisant. «Le BIM a pour nous trois principales limites», a défini Christophe Allaz, au cours d'une conférence intitulée "La révolution des jumeaux numériques" qui s'est tenue dans le cadre du salon BIM World 2025. La première, estime le directeur de projet de VINCI Construction, est l'instabilité des logiciels de BIM lorsque l'entreprise souhaite atteindre un haut niveau de détail. Si on cherche à faire du LOD500 (ndlr : niveau de BIM offrant la précision maximale), il faut faire appel à un logiciel de BIM, qui constitue un écosystème instable dans ce cadre, car il faut utiliser de nombreux plugins, add-ons, composants supplémentaires», décrit-il ainsi. Il peut en effet s'agir de composantes métiers, spécialisées, appartenant à des environnements différents. «Tous ces éléments informatiques vivent à leur propre vitesse: il faut donc s'assurer en permanence que tout cela est compatible alors que votre propre projet est lui-même itéré tous les jours, souligne Christophe Allaz. D'un point de vue industriel, cela n'est pas très rassurant».
Tolérancement et cycle de vie
Le second écueil tient pour lui dans la gestion du tolérancement, qui n'est pas intégré dans les logiciels de BIM contrairement aux jumeaux numériques. «Grâce à cela, il est possible de s'assurer d'avoir des tolérances d'assemblage compatibles avec ce que l'on cherche à faire», souligne Christophe Allaz. Enfin, la gestion du cycle de vie lui semble également être un point clef. «Dans le BIM, il n'y a pas de gestion du cycle de vie. Par exemple, il n'intègre pas les dates au-delà desquelles certains composants ne seront plus disponibles sur le marché. Il ne mesure pas non plus l'impact sur un projet de l'apparition ou de la disparition de l'un de ses composants.»
Vinci a donc fait le choix de la plate-forme 3DEXPERIENCE de Dassault Systèmes. Celle-ci leur permet d'accéder à Catia, logiciel de CAO 3D capable de gérer du tolérancement et du manufacturing. Elle est aussi reliée à un PLM (product lifecycle management) qui permet de gérer la durée de vie des composantes. L'idée était de créer une continuité numérique entre le travail de l'architecte et la construction des composants pour fluidifier le procédé dans son ensemble. « Après avoir implémenté les règles système, les règles produits, le positionnement des cloisons, etc, nous pouvons automatiquement générer des fichiers machines qui permettent de préfabriquer les composants, le tout dans un fichier extrêmement simple en termes de lecture. En quelque sorte, on fabrique un "mécano" ». Christophe Allaz et son équipe ont mis cet outil en œuvre pour les cloisons, élément particulièrement complexe, et souhaitent l'étendre peu à peu.

