Shared Reality : du scan au jumeau interactif
Shared Reality : du scan au jumeau interactif
Générer un jumeau numérique de site industriel en seulement quelques jours : c'est la promesse de Samp. L’entreprise française propose une solution permettant de créer des jumeaux numériques à partir de scans 3D, en s’appuyant sur l’intelligence artificielle pour identifier et segmenter automatiquement les équipements. Une approche qui vise à répondre aux besoins spécifiques des industriels, souvent confrontés à des documentations obsolètes et à des outils peu adaptés au terrain.
Le logiciel Shared Reality permet de scinder les actifs dans la visualisation 3D. / SampFondée par Shivani Shah et Laurent Bourgouin, l'entreprise Samp a conçu Shared Reality après avoir constaté un décalage entre les modèles CAO traditionnels, souvent issus de plans de construction, et les besoins concrets des exploitants. «Sur le terrain, les techniciens et les ingénieurs n’utilisent pas les mêmes références. Les modèles 3D classiques ne reflètent pas toujours la réalité des installations, surtout sur des sites vieillissants. Soyons honnêtes : la documentation n'est jamais à jour», explique Razvan Gorcea, directeur du développement eau et environnement chez Samp.
Shared Reality ne part donc pas de plans théoriques, mais d’un scan 3D réalisé sur site à l’aide d’un équipement de scan 3D mobile. L’algorithme propriétaire de Samp analyse ensuite le nuage de points pour identifier et classer les équipements (vannes, pompes, tuyaux, etc.). Chaque élément est sélectionnable individuellement grâce à cette détection des actifs. «Lier la réalité du terrain avec de l'IA, à l'époque ou SAMP a commencé, c'était très innovant, raconte Razvan Gorcea. Encore maintenant, les modèles de CAO sont souvent issus de modèles de construction, et se vendent ensuite en exploitation comme des jumeaux numériques. Même si le scan 3D s'est bien sûr démocratisé avec le temps.»
Connecter les solutions existantes
Une fois ce modèle 3D interactif généré, les utilisateurs peuvent le relier aux données de l'entreprise, c'est-à-dire dans ce cas des schémas techniques (PID) et les systèmes d’information existants dans l'entreprise (GMAO, SIG…).. «Notre objectif ici n'est pas de remplacer les solutions existantes, mais de les connecter», précise le directeur du développement eau et environnement. D'ailleurs, le jumeau facilite la détection des anomalies sur les documents existants, en confrontant le modèle 3D et les données de maintenance.
La mise à jour du jumeau numérique se fait avec assez peu d'équipement: une simple photogrammétrie prise avec une tablette ou un smartphone permet d’intégrer les modifications. «L’enjeu était de ne pas alourdir le travail des équipes. Il fallait que la solution soit simple et rapide», précise Razvan Gorcea. Dans cette même optique de collaboration, le jumeau est accessible via une plate-forme SaaS sans nécessiter de logiciel spécifique et la licence inclut un nombre illimité d’utilisateurs. Il est possible de partager des vues spécifiques du modèle via un lien. Pour l'expert, cette simplicité et la rapidité de déploiement de la solution, qui promet un jumeau numérique «24h après le scan», sont la clef. «Les industriels mettent parfois en place des solutions qui prennent des mois, des années à se finaliser», regrette-t-il.
Déployée sur de nombreux sites industriels en Europe et au-delà, Shared Reality a notamment séduit des acteurs comme Veolia, qui l’utilise pour scanner plus d’un million de mètres carrés. «Les sites vieillissants, avec des documentations souvent incomplètes, sont particulièrement adaptés à cette technologie», note Razvan Gorcea. La solution se positionne aussi comme une base pour le développement de la maintenance prédictive, en fournissant des données fiables et actualisées. «L’IA a besoin de données fiables pour fonctionner. Nous apportons cette base, en rendant l'utilisateur autonome et clairvoyant sur la réalité de son site, qu'il partage via Shared Reality», souligne-t-il.

