Jumeau numérique de Monaco : travailler main dans la main avec les architectes

Publié le 26 septembre 2025 par Morgane Olès

Jumeau numérique de Monaco : travailler main dans la main avec les architectes

La ville-État de Monaco, qui travaille depuis plus de dix ans à la création d'un jumeau numérique, a entamé en 2024 une nouvelle étape. Une accélération qui passe par une campagne de relevés topographiques terrestres, mais aussi par la mise en place d'une collaboration rapprochée avec les architectes locaux. Lors du salon BIM World 2025, Gregory Martin, chef de division pôle d’informations géographiques au Gouvernement de Monaco, a fait le point sur ces avancées.

GregoryMartin (à droite) a fait le point sur les avancées du jumeau numérique de Monaco lors du salon BIM World 2025. / MO

Dotée d'une surface réduite, mais aussi très compacte et dense, Monaco a vu rapidement le potentiel du jumeau numérique pour accompagner l'aménagement de son territoire. «Nous travaillons sur cet outil depuis 2012, affirme Gregory Martin, chef de division pôle d’informations géographiques au Gouvernement de Monaco. Au début, nous sommes partis de maquettes assez simples, puis des bâtiments emblématiques ont été intégrés progressivement avec un plus grand niveau de détail. En 2019, nous avons mené une campagne de remodélisation et d'intégration pour obtenir un jumeau numérique présentant un visuel beaucoup plus proche de la réalité.»

En 2024, ce dernier a franchi un nouveau cap, avec le lancement d'une campagne de relevé topographique terrestre. En un an, plus de 25.000 photographies ont été prises par drones, en faisant appel à la société Uzufly. Leur traitement a ensuite été fait sous Metashape et Itwin capture. Ces prises de vues ont été complétées par l'utilisation d'un scanner MMS Trimble MX50 embarqué à bord d'un véhicule terrestre, qui a permis de scanner près de 200 km de voirie. Le logiciel  Trimble Business Center a été utilisé pour traiter ces nuages de points. Enfin, un scanner mobile piéton, Navvis VLX3, a permis de couvrir les zones difficiles d'accès, telles que les escaliers ou les parcs. «À notre grande surprise, on est allé chercher beaucoup d'informations grâce aux drones, y compris dans les canyons urbains, et nos campagnes de compléments piétons ont été bien moins importantes que ce que nous avions imaginé. c'est à partir des captations drones que l'on vient matcher les autres données dans le logiciel», précise Gregory Martin. 

Des usages multiples pour le jumeau monégasque

Tout cela a permis au jumeau numérique de Monaco de bénéficier d'un photomaillage réaliste. Au-delà du visuel, cet outil a de nombreuses applications pour la ville-État. En intégrant des modèles de trafic, des données clefs sur la sécurité des bâtiments, ou encore des modèles de propagation des ondes, Monaco a peu à peu multiplié les usages de cet outil. L'État s'est ainsi tourné vers la planification urbaine, la mobilité, ou encore la sécurité en passant par des applications liées aux interventions d'urgence. «Des tests ont été faits avec le musée océanographique: un module permettant une connexion 5G a été placé à l'arrière du casque du pompier. On l'a équipé d'une lunette spécifique pour qu'il puisse visualiser la maquette pendant l'intervention. Nous avons ainsi la possibilité de guider les déplacements grâce au jumeau numérique même dans un environnement très contraint, à faible visibilité, à travers de la fumée d'incendie par exemple», décrit Gregory Martin.  

Mais tout cela, ajoute-t-il, n'aurait pas pu fonctionner sans la mise en place d'un partenariat avec les architectes monégasques. « Nous leur fournissons un socle à partir duquel ils peuvent géoréférencer leur nouveau projet, tout en utilisant l'environnement du jumeau pour réaliser leur contextualisation. En retour, ils nous fournissent l'enveloppe 3D, que nous pouvons à notre tour insérer dans notre environnement, tout en vérifiant au passage que le bâtiment respecte les règles d'urbanisme. C'est un échange gagnant-gagnant », affirme le chef de division. Cette coopération a été formalisée dans un CCTP3D (cahier des charges et des clauses techniques particulières) créé en 2010. Depuis, une tentative de renouvellement a été faite en 2020 sans succès. «Aujourd'hui, nous menons des ateliers avec l'Ordre des architectes monégasques pour rédiger un nouveau CCTP3D avec un assistant maîtrise d'ouvrage. L'idée est de travailler dans leur sens, en nous adaptant aux nouvelles méthodes de travail et aux nouveaux outils. Par exemple, de plus en plus d'architectes utilisent ArchiCAD ou Revit. Nous leur fournirons de nouvelles données à intégrer dans leurs projets, et cela nous permettra de récupérer leur travail de maquette», conclut Gregory Martin.

  Morgane Olès


  bim-w.com/news/replay-2025-passage-en-revue-du-jumeau-numerique-de-monaco/

Derniers articles