H1st vision : un véhicule interconnecté à son jumeau
H1st vision : un véhicule interconnecté à son jumeau
Présenté en avant-première mondiale sur VivaTech, ce concept-car imaginé par la Software République est un concentré d’innovations. Parmi elles figure un jumeau numérique, développé par Dassault Systèmes.
Mi-juin 2023, VivaTech a un air de salon de l’auto et plusieurs stands exposant des véhicules... Non loin de l’entrée, sous la bannière de la Software République, stationne l’Human First vision ou « H1st vision ». Assemblage d’aluminium argenté aux reflets violets et de larges surfaces vitrées, tableau de bord débordant de mini écrans tactiles, habitacle doté de sièges cocons et 16 haut-parleurs, le design du véhicule est futuriste.
Connecté à sa borne de recharge par un câble vert fluo, ce prototype a l’air en toc. Pourtant, il est tout à fait roulant. Les téléspectateurs du JT de TF1 l’ont même vu affronter le trafic parisien... Les visiteurs du salon l’ont aussi vu sur le grand écran du stand. En effet, le véhicule et son environnement y sont représentés dans un jumeau virtuel, l’une des 20 technologies innovantes mises en œuvre.
«La voiture est centrée sur l’humain et l’expérience utilisateur a été érigée comme priorité dans la démarche d’utilisation», précise Henri Beringer, directeur des solutions en transports et mobilité chez Dassault Systèmes. Nous accueillant sur le stand, il nous en fait l’article, égrainant ses fonctions, des innovations bien concrètes et opérationnelles. « La voiture repère la silhouette du conducteur lorsqu’il s’approche, elle le salue et lui ouvre la porte... Au volant, elle lui crée une bulle sonore lorsqu’il reçoit un appel et isole ainsi sa conversation pour les autres passagers... La H1st vision reste vigilante à sa santé en captant son rythme cardiaque via le volant et un système sert à détecter l’énervement du conducteur et ainsi mettre en place une ambiance apaisante dans le véhicule » !
Bien évidemment, le responsable 3DS en vient à décrire ce qui nous intéresse : un véritable écosystème constitué du véhicule et de son jumeau virtuel interagissant entre eux et avec leur environnement réel ou virtuel : conducteur, passagers, mais aussi l’ensemble des systèmes de mobilité tels que les autres véhicules, les offres de transport alternatif, les infrastructures routières intelligentes, les stationnements connectés, les bornes de recharge, etc.
Ce sont la plate-forme 3DEXPERIENCE et les applications de Dassault Systèmes CATIA et 3DEXCITE qui ont servi pour «concevoir, simuler, tester et optimiser de nouveaux produits, services, processus, matériaux et expériences bien plus rapidement et en bien plus grand nombre avant de les produire physiquement», confie Henri Beringer.
«Par exemple, le jumeau virtuel a été utilisé pour simuler les alertes de sécurité liées à la technologie V2X (Vehicule-to-Everything) développée par Orange. Il a servi à tous les partenaires du projet pour visualiser et comprendre l’impact de chaque décision prise lors de la conception des différentes innovations et ainsi d’optimiser la fonction de leurs systèmes. Grâce à lui, tous les acteurs du projet ont pu également «dialoguer» entre eux sur le Cloud en temps réel et partager une base de données exhaustive et à jour».
Un véhicule dans une ville virtualisée
Ensuite, le jumeau numérique sert une fois le véhicule, proposant une véritable connexion en temps réel entre monde virtuel et physique. «Nous traitons la mobilité dans le sens large du thème, affirme Maxime Gazier, directeur de programme Software République au sein du groupe Renault. Le véhicule est un des composantes et surtout le prolongement de quelque chose d’autre. Il devient un capteur dans la ville intelligente».
Ce lien permanent permet de commander des actions physiques sur lui-même, par exemple actionner l’ouverture à distance de la portière d’un clic sur la tablette de supervision. Moins gadget, le jumeau numérique et sa version réelle évoluent dans un univers où des systèmes aujourd’hui indépendants communiquent et interagissent entre eux. Ainsi, au-delà de la H1st vision, la Software République intègre à son projet la ville virtualisée... «Cela permet de modéliser, visualiser et simuler les différents cas d'utilisation pouvant se présenter dans le monde réel. On sait déjà trouver et être guidé vers une borne de recharge, aujourd’hui on va pouvoir, en conduisant, trouver son stationnement et le vélib qui permettra de poursuivre son trajet. On va même pouvoir payer le parking et la location du vélo! Dans un autre cas d’usage, le véhicule sait intégrer la localisation de toutes les composantes de la mobilité, comme les intersections ou axes à visibilité réduite, ou les véhicules et les piétons en mouvement. Cette vision augmentée servira à une alerte prédictive de zone accidentogène, d’une possibilité de verglas ou d’un risque de collision».
Software République ?
Pour les férus de nouvelles technologies, ce serait la destination idéale. La Software république est un monde à part, un écosystème d’open innovation, créée en avril 2021 par six grandes entreprises : Atos, Dassault Systèmes, Orange, Renault Group, STMicroelectronics, Thales. Ce curieux assemblage baigne dans la complémentarité de ses solutions et surtout de pousser le curseur un peu plus loin pour créer un écosystème européen de mobilité durable, souveraine et sûre. D’ici 2025, la feuille de route fixe d’aboutir à dix nouvelles offres de services et produits lancées sur plus d’une cinquantaine de territoires. Accessoirement, la Software République veut incuber plus d’une cinquantaine de start-up... «Nous sommes tous animés par la volonté de lancer quelque chose qui fonctionne vraiment, affirme Maxime Gazier. Une grande partie des innovations fonctionnelles présentées dans ce concept-car vont se retrouver dans les innovations de demain».
Des avancées parfois éloignées de l’univers automobile. Sur VivaTech, Elon Musk, patron de Tesla, SpaceX et Twitter, était accueilli en vedette. D’où notre dernière question : pousse-t-il le secteur à évoluer ? «Il y participe, mais pas seulement. Nous prenons ce virage technologique depuis un petit bout de temps et c’est un vrai virage intéressant. Comme celui que Renault devienne producteur d’informations pour la ville intelligente. Aujourd’hui, notre groupe peut déjà être considéré comme une Tech company»!

