L’IGN lance Datalliance, un réseau d’innovation ouverte
L’IGN lance Datalliance, un réseau d’innovation ouverte
Pour faire face aux problématiques de demain, essentiellement en lien avec le changement climatique, l’union fera la force. Une dizaine d’entreprises et de start-ups de la donnée ont déjà rejoint l’Institut géographique national.
L’IGN est absolument convaincu que, pour faire face à des phénomènes écologiques de plus en plus violents (inondations, feux de forêt, sécheresse, érosion du littoral, etc.), il faut d’abord comprendre ces phénomènes. Une lecture qui passe par une preuve irréfutable et un mètre étalon : la donnée géolocalisée. En fonction du constat, il sera alors nécessaire d’opérer les choix qui s’imposent ; des décisions souvent politiques et structurantes, dans le cadre du dispositif France Nation Verte, en termes de gestion des ressources et des pratiques de mobilité, agricoles, énergétiques, d’occupation des sols, etc. L’institut est aussi persuadé qu’il faut instaurer un cadre de confiance pour unir et mobiliser l’écosystème et faciliter l’intégration de solutions innovantes capables d’agir à grande échelle.
Or les technologies comme l’IA, la 3D ou les jumeaux numériques existent. Tout comme il existe de nombreuses entreprises, des jeunes pousses ou des structures plus anciennes, qui développent des solutions innovantes et susceptibles de répondre à des besoins spécifiques de l’État ou des collectivités territoriales, comme sur l’agriculture, l’aménagement du territoire ou la prévention des risques. Maintenant il faut faciliter les mises en route des projets, au-delà des POC et des démonstrateurs, qui ont souvent validé des choix pertinents. D’où l’idée de Datalliance : un écosystème de coopération sur le modèle du partenariat public-privé. À sa tête l’IGN qui se positionne depuis plusieurs mois, entre autres à travers la notion de communs mais pas seulement, pour tenir ce rôle de garant capable d’organiser cette dynamique, « un opérateur de la donnée au service de la planification écologique », comme l’indique Sébastien Soriano, le directeur général de l’IGN, dans un entretien accordé à nos confrères de l’Usine Digitale.
© IGN - Auch (32)
Intégrer des nouvelles solutions dans la logique de travail des utilisateurs publics
Un communiqué de presse détaille qu’à travers Datalliance, l’IGN se propose d’accompagner le déploiement ou l’industrialisation de ces solutions au travers d’alliances qui associeront le meilleur du savoir-faire et de la légitimité de chacun. « Dans ce cadre, l’IGN joue le rôle de tiers de confiance auprès des utilisateurs publics sur la validité du résultat et assume un rôle de garant de la cohérence des données ainsi qu’un rôle de facilitateur pour l’intégration des nouvelles solutions dans la logique de travail des utilisateurs publics ».
Le communiqué détaille ensuite les atouts de la dizaine d’entreprises (liste ci-dessous) qui a déjà rejoint Datalliance. Elles sont issues du monde de la donnée et agissent dans divers domaines comme la géoanalyse, imagerie radar, satellite, télédétection hyperspectrale ou encore IA, traitement de la donnée, etc. « Leurs solutions sont désormais mûres pour le passage à l’industrialisation et il d’ailleurs trop tard pour des démonstrateurs » juge Sébastien Soriano.
Ces solutions pourront par exemple être mises au service du suivi du trait de côte et de l’occupation des sols, de l’objectif de zéro artificialisation nette, de la Smart City, des ENR, de l’anticipation des risques d’inondation ou des feux de forêt, etc. « Pour ces entreprises, c’est une main tendue pour participer au défi majeur de la transition écologique. C’est aussi un moyen de combler le fossé qui existe trop souvent entre leurs solutions technologiques et les commanditaires publics ».
Les premiers membres de Datalliance
1Spatial fournit des solutions logicielles et un portail en libre-service pour la collecte, la validation, le traitement et l’analyse des données géospatiales, notamment utiles pour les Smart Cities : disponibilité de la lumière, propagation du bruit, perte de chaleur des bâtiments, fiscalité intelligente, gestion des actifs souterrains, capacités solaires ou occupation des bâtiments.
- Geofit Group est un expert des relevés topographiques, du monitoring, de l’auscultation d’ouvrages, Geofit Group est un acteur du développement des territoires et de la ville. Il mobilise innovations technologiques et outils d’aide à la décision pour faciliter l’émergence du monde durable de demain en prenant en compte les enjeux d’économie d’énergie et du changement climatique. Il intervient ainsi sur les projets du Grand Paris Express et des JO 2024.
- i-Sea est une entreprise qui agit dans le domaine de la surveillance des milieux aquatiques et littoraux avec la mise en place de cartographies littorales et bathymétriques. L’entreprise s’appuie pour cela sur l’utilisation de drones aquatiques couplés à des prises de vues aériennes et satellites.
- Kayrros est une startup spécialisée dans l’analyse des géodonnées environnementales, climatiques et énergétiques. L’entreprise s’appuie sur des technologies innovantes telles que l’automatisation du traitement d’images par intelligence artificielle ou la télédétection satellitaire. Kayrros propose des solutions de surveillance des émissions de méthane, de contrôle des espaces forestiers ou encore de monitoring du carbone forestier.
- Kermap s’appuie sur des techniques d’intelligence artificielle. Cette start-up Deeptech utilise des images satellites afin de produire des services cartographiques sur les sujets de l’agriculture, de l’environnement et de l’urbanisme.
- LuxCarta est une entreprise qui développe des produits géospatiaux via des logiciels de planification et des outils d’extraction automatisée des données par IA. Spécialisée dans la modélisation 3D et la réalisation de cartes numériques, ses solutions Smart Cities trouvent des applications dans l’optimisation énergétique des bâtiments et l’aménagement du territoire.
- NamR est entreprise de la DeepTech, labellisée Green Tech, French Tech Green 20 et Finance Innovation, elle a conçu une plateforme utilisée pour la rénovation énergétique des bâtiments, les risques climatiques ou encore les îlots de chaleur urbains.
- Preligens est une start-up de géo-intelligence, elle utilise l’IA pour aider le renseignement militaire à lire des images, détecter les mouvements et permettre de suivre des théâtres d'opérations ou de surveiller des flux dans des ports, des bases aériennes ou sur tout autre site stratégique.
- Promethée est une start-up engagée dans les défis liés au dérèglement environnemental. Opérateur français du New Space, Prométhée veut mettre au service de la puissance publique de nouveaux moyens souverains d’intelligence environnementale et stratégique grâce à ses nanosatellites et ses moyens d’acquisition d’ortho-images satellitaires.
- SpaceSense a pour mission de rendre l’analyse de l’imagerie satellite simple et accessible à toute industrie : observation des changements climatiques, surveillance des forêts, suivi par IA des risques et des catastrophes naturelles pour les assurances, production de données pour les secteurs de l’agriculture ou encore de l’énergie.
L’IGN précise enfin l’absolue nécessité de mobiliser au-delà de l’écosystème de la donnée géolocalisée. Le réseau reste donc ouvert à d’autres entreprises innovantes et acteurs publics... Dans un premier temps, Datalliance va dresser une cartographie des différentes ingénierie de la commande publique pour définir la meilleure manière d’adresser les commanditaires publics. Des points seront aussi faits autour du financement et de l’addition des compétences et des moyens.

