Le CHU de Toulouse déploie un jumeau numérique du cœur pour les interventions cardiaques
Le CHU de Toulouse adopte la technologie inHEART, un jumeau numérique 3D du cœur basé sur l’intelligence artificielle, afin d’améliorer la précision et la sécurité des interventions de rythmologie interventionnelle.
Le CHU de Toulouse franchit une nouvelle étape dans l’intégration des jumeaux numériques en pratique clinique. Son service de cardiologie interventionnelle s’est doté de la solution développée par la start-up inHEART, une technologie permettant de modéliser en 3D le cœur des patients à partir d’images scanner ou IRM. Objectif : sécuriser et optimiser des procédures souvent longues et complexes.
Ce déploiement s’inscrit dans le cadre du programme STARThu (assistance robotique, technologique et numérique interventionnelle), porté par le CHU pour accompagner l’adoption de technologies innovantes en milieu hospitalo-universitaire. Présenté lors du CHU HealthTech Connexion Day 2025 à Bordeaux, le projet positionne l’établissement toulousain comme le premier CHU français à contractualiser officiellement avec inHEART.
Les interventions d’ablation complexes (tachycardies ventriculaires, cardioneuroablations ou radioablations) nécessitent une connaissance très fine du substrat cardiaque responsable des troubles du rythme. Jusqu’à présent, cette étape reposait sur des reconstructions anatomiques manuelles, chronophages et parfois imprécises.
Google Maps du cœur
La solution inHEART permet désormais de générer un jumeau numérique 3D complet du cœur, directement exploitable en salle d’intervention. Intégré aux systèmes de cartographie électro-anatomique, ce modèle offre aux cardiologues une navigation en temps réel dans l’anatomie spécifique de chaque patient, à la manière d’un « Google Maps du cœur ».
«Nous disposons d’une vision complète et immédiate de l’anatomie de la patiente ou du patient, ce qui rend le ciblage des zones à traiter beaucoup plus objectif, explique dans un communiqué de presse du CHU le Pr Philippe Maury, cardiologue à l’hôpital Rangueil. Cela nous fait gagner un temps précieux en évitant la reconstruction manuelle des cartes anatomiques, et nous permet d’aborder chaque procédure avec une précision renforcée.»
Les bénéfices cliniques sont déjà mesurables. La durée des interventions peut être réduite de cinq heures à environ deux heures, tandis que le taux de réussite progresse en moyenne de 60% à 75%. La meilleure préparation des gestes et la fiabilité accrue de la navigation contribuent également à diminuer les complications et à optimiser la récupération post-opératoire. À plus long terme, cette technologie ouvre des perspectives en matière de médecine prédictive, avec la possibilité de détecter certaines anomalies avant l’apparition des symptômes.
Une collaboration levier
Pour inHEART, cette collaboration marque une première sur le marché français, alors que sa technologie est déjà commercialisée à l’international depuis 2022. «Ce projet n’a pu voir le jour que grâce à la confiance et à l’engagement des équipes du CHU de Toulouse, souligne Bruno Soré, directeur de la production et du développement chez inHEART dans ce même communiqué. Cette première signature officielle avec un CHU français démontre que c’est possible et nous donne l’espoir d’initier d’autres collaborations.»
Doté d’un budget de 4,2 millions d’euros, le programme STARThu finance et accompagne des projets intégrant robotique, réalité augmentée, jumeaux numériques, intelligence artificielle et reconstruction 3D tout au long du parcours de soins. Quatre projets ont déjà été soutenus, dont deux sont aujourd’hui opérationnels : la solution inHEART et le robot Epione pour le traitement des tumeurs abdominales et pulmonaires. Avec ce déploiement, le CHU de Toulouse illustre la montée en maturité du jumeau numérique médical, désormais utilisé comme un véritable outil clinique d’aide à la décision, au service d’une médecine plus précise, plus sûre et plus personnalisée.

