Le LiDAR HD de l’IGN, une brique fondatrice du jumeau numérique territorial
Le LiDAR HD de l’IGN : une brique fondatrice du jumeau numérique territorial
L’Institut national publie en en Open Data les premiers modèles 3D issus du programme LiDAR HD. Ils offrent une cartographie fine et homogène du territoire national. Ces données constituent une resource clef et un socle stratégique pour développer des jumeaux numériques territoriaux à grande échelle.
Visualisation des zones basses à proximité des boucles de Seine près de la ville d'Elbeuf (76) réalisée grâce au MNT du LidarHD © IGNLes premiers modèles 3D issus du programme national LiDAR HD sont désormais disponibles en open data. L’annonce, faite par l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN) à la veille du salon BIM World Jumeaux Numériques, marque une étape décisive dans la constitution d’un jumeau numérique à l’échelle nationale. Cette cartographie 3D de haute précision, entamée en 2021, promet de devenir un socle commun pour tous les acteurs qui modélisent, analysent ou projettent le territoire : collectivités, aménageurs, services de l’État, chercheurs, mais aussi entreprises du numérique.
À l’ère du changement climatique et des mutations accélérées des territoires, la qualité et la précision des données géographiques deviennent essentielles pour construire des modèles numériques réalistes et opérationnels. Le programme LiDAR HD, financé dans le cadre du plan France Relance, le Fonds pour la transformation de l'action publique et l'Union Européenne, propose une couverture 3D inédite de la France métropolitaine, de la Corse et des DROM (hors Guyane), avec un niveau de détail sans précédent.
Une donnée géographique de référence pour les jumeaux numériques
L’ensemble des données, classées, modélisées et accessibles, constitue un référentiel géospatial clé pour l’élaboration de jumeaux numériques territoriaux, capables de simuler des politiques publiques, d’anticiper des scénarios de crise ou de piloter des aménagements urbains et environnementaux.
Le programme LiDAR HD repose sur trois grands types de modèles, déjà bien connus des géomaticiens et cartographes. Le modèle numérique de surface (MNS) qui intègre la hauteur des bâtiments et de la végétation, offrant une vision complète du «sursol». Le modèle numérique de terrain (MNT) qui restitue uniquement la topographie du sol, utile pour l’analyse géomorphologique ou l’aménagement. Enfin, le modèle numérique de hauteur (MNH) dont la finalité est d’exprimer la différence entre surface et terrain, révélant par exemple la densité végétale ou le bâti.
MNH, MNS et nuage de points classés de la ville d Saint-Léger-du Bourg_Denis (76) © IGNJusqu’ici, ces ressources étaient produites localement, le plus souvent à l’initiative de collectivités ou d’acteurs territoriaux, souvent à leurs frais. Ce programme change la donne, car ces modèles sont désormais généralisés à l’échelle nationale, mis à disposition gratuitement par l’IGN. C’est un changement d’échelle qui ouvre de nouvelles perspectives d’analyse et d’exploitation pour tous ses utilisateurs. Certaines problématiques, comme les impacts du changement climatique ou la gestion de flux de populations, dépassent naturellement les frontières administratives. Disposer de données homogènes sur l’ensemble du territoire permet, par exemple, de repérer des phénomènes météorologiques ou hydrologiques transfrontaliers, ou encore d’anticiper les conséquences d’un événement (culturel, climatique, industriel) impliquant le déplacement de populations d’un territoire à un autre.
Des cas d’usage concrets pour les territoires
Les premiers résultats couvrent déjà 135.000 km², incluant des agglomérations comme Rennes, Nancy, Orléans ou Toulouse. Les usages sont nombreux et s’inscrivent pleinement dans la logique d’utilisation d’un jumeau numérique territorial. L’IGN en souligne trois qui s’impose Presque logiquement. À l’heure de l’antropocène, le premier concerne la prévention des risques (simulation de crues, dynamique des eaux pluviales, identification des zones inondables), un autre reprend ses fonctions de gestion forestière pour une mesure fine de la hauteur des arbres et la visualisation de la topographie sous couvert forestier. Enfin dans un contexte de résilience des territoires face au changement climatique, un troisième cas d’usage porte sur l’urbanisme et la transition énergétique. Il passe par la modélisation des quartiers sur laquelle vont s’appuyer les études d’ensoleillement et de détection d’îlots de chaleur.
Bien évidemment, la disponibilité en open data va permettre à l’écosystème numérique (startups, éditeurs de solutions SIG ou bureaux d’études) d’exploiter ces modèles pour créer des services innovants autour de la modélisation territoriale. Avec une couverture prévue de 80 % du territoire national d’ici fin 2025, le programme LiDAR HD s’impose comme une infrastructure essentielle pour la transition numérique des territoires. En devenant une référence pour la modélisation spatiale, il alimente la montée en puissance des jumeaux numériques territoriaux, outils stratégiques pour penser et piloter la transformation des espaces à toutes les échelles.

