Quand le jumeau numérique réconcilie OT et IT

Publié le 20 janvier 2025 par Morgane Olès

Quand le jumeau numérique réconcilie OT et IT

En entreprise, OT et IT sont souvent perçus comme deux mondes séparés. Ils sont pourtant reliés par certains processus, ce qui peut créer des failles de sécurité difficiles à évaluer sans l'aide d'un jumeau numérique.

Pixabay/Pete Linforth

«Les réseaux informatiques sont utilisés exclusivement pour l'interconnexion d'ordinateurs, de centres de données et de réseaux publics, tandis que les réseaux opérationnels interconnectent généralement les machines de production industrielle. Cette séparation "hermétique" a largement permis d'isoler les réseaux OT et de les mettre à l'abri des problèmes causés par les cyberattaques qui touchent les réseaux informatiques, mais au prix d'un manque de synergies entre les deux mondes», explique Giovanni Prinetti, ingénieur et solutions marketing manager chez Allied Telesis, dans un article dédié sur le blog de la société. Cette séparation entre IT et OT est si ancrée qu'il s'agit souvent de deux mondes que l'on pense très différemment au sein d'une entreprise.

Ces dernières années, ces deux mondes se sont cependant mis à communiquer. Vente, marketing, achats… Des données de productions sont transmises à des services IT, permettant d'améliorer la performance des entreprises. Mais cette communication peut aussi rendre davantage vulnérable le monde de l'OT. «Aujourd'hui, les données industrielles sont retraitées dans l'IT, ne serait-ce que via les ERP, ou les systèmes de prises de commande. C'est pour cela qu'il faut pouvoir tester si la remontée d'information est bel et bien sécurisée entre les deux environnements», affirme Fabrice Hecquet, Business Developer pour l'entreprise Nexova. Cette société propose des solutions de cybersécurité incluant des cyber-ranges, sortes de jumeaux numériques d'environnements informatiques. 

L'OT, un environnement à haut risque

Pour lui, protéger l'OT contre les cyberattaques est un enjeu presque encore plus important encore que dans le monde de l'IT. «Les cyberattaquants se sont d'abord attaqués aux systèmes IT, qui offraient de la donnée sensible monnayable, explique Fabrice Hecquet. Mais ils se sont aperçus qu'il y avait des choses à négocier dans le monde de l'OT. Si vous attaquez une chaîne de production, les pertes engendrées peuvent se chiffrer en millions d'euros par heure ou par jour, donc les entreprises vont être enclines à payer une rançon. De plus, on parle parfois d'environnements critiques: imaginez l'impact d'une cyberattaque dans le secteur hospitalier, du traitement de l'eau, de l'énergie…» 

C'est dans l'établissement de ces procédures de sécurité que le jumeau numérique peut s'avérer crucial  : «Avec notre plate-forme, nous pouvons faire des émulations des deux environnements, et faire des tests pour intercepter de la donnée transmise entre l'OT et l'IT.  C'est quelque chose qui est presque impossible à faire en production, car le risque est bien trop grand», souligne le spécialiste.

Simuler ces deux "mondes séparés", ainsi que leur connexion à travers un jumeau numérique complet, peut aussi permettre de tester les plans de continuité d'activité (PCA). Ces protocoles, qui ont pour but d'établir un plan pour maintenir la production en cas de crise ou de catastrophe, restent souvent théoriques dans les entreprises. «Entre l'écriture et réalité, il y a un monde… Et bien évidemment, faire un exemple en temps réel reste très compliqué», conclut Fabrice Hecquet.

 Morgane Olès


  nexovagroup.eu/en

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