La SNAM déploie un jumeau numérique pour piloter ses réseaux gaziers

Publié le 2 septembre 2025 par Morgane Olès

La SNAM déploie un jumeau numérique pour piloter ses réseaux gaziers

La SNAM (Società nazionale Metanodotti), principale société italienne de transport de gaz, a annoncé le déploiement d'un jumeau numérique de l'ensemble de ses infrastructures gazières. Un défi à grande échelle qui présente des niveaux de difficulté très hétérogènes.

SNAM Digital TwinRéseau de gazoducs, sites de stockage, terminaux de gaz naturel liquéfié… Un jumeau numérique couvrant un ensemble d'infrastructures gazières suppose de prendre en compte une grande variété d'actifs. En octobre 2024, la SNAM (Società nazionale Metanodotti) a annoncé le déploiement de cet outil pour son réseau via la plate-forme 3DEXPERIENCE de Dassault Systèmes.

«Un jumeau numérique pour le transport du gaz offre de nombreux avantages concrets, souligne le porte-parole de la SNAM. Il permet une interaction directe avec les actifs, permettant la consultation de toutes les données associées, tant sur le terrain qu'au bureau, tout au long de leur cycle de vie. Cela comprend les données de registre, les documents, la maintenance et les données opérationnelles. De plus, il permet la visualisation des actifs souterrains, facilitant ainsi la gestion et la maintenance du réseau», décrit-il. Au-delà de la gestion, cet outil permet aussi à l'entreprise de se projeter, en simulant différents processus et scénarios opérationnels.

Une mise à jour continue

Comme pour de nombreux jumeaux numériques nécessitant un haut niveau de précision côté représentation des actifs, le travail commence par un scan 3D LiDAR, afin d'obtenir un nuage de points détaillé de l'objet physique. C'est à partir de ce recueil de données qu'est conçu est modélisé le jumeau. Simultanément, les données du registre sont collectées à partir des systèmes d'information puis associées à la géométrie modélisée. Dataplatform et Documentplatform sont notamment utilisés dans ce projet. Le modèle sera ensuite continuellement mis à jour pour maintenir la cohérence entre la représentation virtuelle et l'objet physique afin de garantir la fiabilité. «Pour les nouveaux projets, les analyses sur le terrain ne seront pas nécessaires, car le modèle de jumeau numérique est créé pendant les phases de conception et de construction grâce à l'application de la méthodologie BIM», précise le porte-parole de la SNAM. 

L'un des défis que présente ce jumeau numérique est qu'il recouvre en réalité de nombreuses structures différentes. La réalisation du jumeau pourrait donc prendre plusieurs années: «Par exemple, pour la seule modélisation 3D, une usine de réduction de pression nécessite quelques jours de travail, tandis qu'une usine de compression devrait prendre environ 6 à 8 mois», explique la SNAM. Un autre aspect crucial est le choix du niveau de détail lors de la création du modèle. En effet, il doit s'étendre à des équipements spécifiques (vannes, filtres, chromatographes en phase gazeuse, manomètres, etc.) pour garantir une représentation complète, sans pour autant surcharger le modèle de données.

Enfin, contrairement à une usine, ou un bâtiment, les infrastructures concernées par ce jumeau numérique sont situées sur une surface très étendue, ce qui suppose une logistique complexe, notamment pour les recueils de données et enquêtes sur le terrain. «Ces facteurs doivent être soigneusement gérés pour garantir le succès du projet de numérisation», insiste le porte-parole. 

  Morgane Olès


 snam.it

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