Quand la donnée prépare le terrain du jumeau numérique

Publié le 30 décembre 2025 par Xavier Fodor

Quand la donnée prépare le terrain du jumeau numérique

Capteurs connectés, télérelève, performance des réseaux d’eau : au SMCL 2025, Veolia détaille comment la digitalisation des réseaux d’eau potable permet aux collectivités de mieux détecter les fuites, optimiser la ressource et, à partir de ces réseaux connectés, poser les bases de futurs jumeaux numériques territoriaux.

Twin+ jumeau numerique Veolia SMCL 2025 Pierre-Guillaume Séguin de la SalleSur le Salon des maires et des collectivités locales SMCL 2025, le stand de Veolia met notamment le focus sur des solutions connectées, compteurs, sondes, capteurs. Pierre-Guillaume Séguin de la Salle, directeur de l’activité télérelève et expertises Connected Solutions chez Veolia, nous y explique la digitalisation des réseaux d’eau potable, fondée sur ces capteurs connectés, constitue aujourd’hui le socle opérationnel de futurs jumeaux numériques territoriaux. «Chez Veolia Solutions Connectées, nous accompagnons les collectivités dans la digitalisation de leur infrastructure, notamment à base de ces capteurs connectés, pour mieux comprendre le fonctionnement des réseaux et optimiser leurs performances», résume Pierre-Guillaume Séguin de la Salle. Le cœur de métier concerne principalement les réseaux d’eau potable, avec des usages centrés sur la pression, le comptage, la détection des fuites, mais le périmètre est plus large. «Nous accompagnons aussi les communes sur d’autres métiers liés à l’environnement, comme la collecte des déchets, le suivi de bâtiments, de températures ou même de la biodiversité.» Contrairement à une idée reçue, ces solutions ne s’adressent pas uniquement aux réseaux exploités en délégation de service public. «Nos solutions sont ouvertes aux deux modèles. On accompagne Veolia dans ses contrats de performance, mais on peut tout à fait travailler directement avec les collectivités en régie, dans le cadre de marchés de prestations.» Cette ouverture est clé pour diffuser la culture de la donnée au plus près des territoires.

Twin+ jumeau numerique Veolia SMCL 2025 Pierre-Guillaume Séguin de la Salle capteursSur le plan technologique, l’approche repose sur un maillage fin du réseau. «Nous utilisons principalement des capteurs sur batterie, ce qui permet de les déployer de manière très éparpillée sur le réseau et d’avoir une diversité de petits points de mesure locale.» Compteurs connectés, sondes de détection de fuites, capteurs de pression ou indicateurs agrégés constituent ainsi une base d’observation continue du réseau. Mais la donnée brute n’est pas une fin en soi. «Notre enjeu, c’est de transformer ces données en indicateurs décisionnels. Un compteur qui mesure un écoulement permanent, ça peut être normal dans une usine qui fonctionne 24 heures sur 24. Chez un particulier, c’est plutôt une présomption de fuite. La valeur se situe donc dans l’interprétation : nous transformons cette information en indicateur de fuite, puis en recommandation d’intervention, soit pour prévenir un abonné, soit pour envoyer un technicien sur le réseau.» Ces informations sont restituées via des plates-formes de supervision conçues avec les exploitants. «Elles sont conçues pour être au plus proche de leur quotidien, explique Pierre-Guillaume Séguin de la Salle, tout en soulignant la capacité à aller plus loin. On est aussi capables d’alimenter des hyperviseurs à l’échelle d’une métropole, pour agréger les données de plusieurs services.»

La question de la qualité de l’eau s’invite également dans la discussion. «Traditionnellement, elle est suivie en sortie d’usine ou de château d’eau, mais on a aussi des capteurs qui permettent de mesurer directement dans les canalisations, explique le directeur. C’est un enjeu stratégique, notamment pour la gestion d’incidents ou la prévention de menaces. Ainsi, des dispositifs peuvent être mis en lien avec des établissements sensibles comme des hôpitaux ou des centres de dialyse, et ils ont été mobilisés lors de grands événements, comme les Jeux Olympiques.» En revanche, Veolia reste prudent sur le contrôle-commande. «On fait majoritairement des capteurs d’état et de situation, donc de la donnée passive. On fait peu de contrôle-commande, même s’il existe des cas d’usage, comme fermer automatiquement l’alimentation d’un gymnase ou d’un cimetière le week-end.»

Un positionnement en fournisseur de données

Twin+ jumeau numerique veolia reseaux intelligents.webpQu’en est-il du jumeau numérique? La notion n’est pas absente chez Veolia, mais elle reste ciblée. «Nous travaillons sur des modélisations de consommation d’eau potable pour imaginer des modèles tarifaires différents, en nous appuyant sur des mécanismes de simulation et de jumeaux numériques, mais sur des cas d’usage précis», confie Pierre-Guillaume Séguin de la Salle. Veolia ne développe pas directement de jumeaux numériques génériques, mais se positionne comme un fournisseur de données, «capable d’alimenter des solutions logicielles ou des entreprises de modélisation pour projeter un réseau, faire tourner des scénarios et tester des paramètres. Nous pouvons leur fournir des données contextualisées de type index de consommation, indicateurs de fuite, risques de gel ou anomalies».

Mais pour l’instant, les attentes des clients, et notamment des élus rencontrés sur le SMCL, restent très opérationnelles. «Leur priorité, c’est le prix de l’eau et sa disponibilité. Les sécheresses de 2023 et 2024 ont marqué les esprits. La prise de conscience est forte que l’eau n’est plus une ressource acquise.» La projection à long terme via des jumeaux numériques viendra plus tard, «probablement dans quelques années.» La télérelève et les capteurs connectés seront comme la première brique d’un continuum numérique. De fait, avant de simuler le futur, il faut d’abord comprendre finement le présent. Un préalable indispensable à tout jumeau numérique crédible des réseaux d’eau.


 Xavier Fodor


  veolia.fr/ 

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