Cartographier les ondes électromagnétiques

Publié le 13 août 2025 par Morgane Olès

Cartographier les ondes électromagnétiques

L'Agence Nationale des Fréquences (ANFR) a dévoilé en avril 2025 une carte de niveaux de l'exposition du public aux ondes électromagnétiques. Combinant données de terrain et simulation, l'outil constitue un véritable jumeau numérique des émissions d'ondes électromagnétiques sur l'ensemble du territoire français.

Créé en 2004 par l'ANFR, l'outil Cartoradio avait alors pour objet de recenser toutes les antennes émettant à plus de 5 watts déclarées sur le territoire français, hormis celles de l'Aviation civile et des ministères de la Défense et de l'Intérieur. En plus de la téléphonie mobile (GSM/UMTS/LTE/5G), cette catégorie englobe aussi les faisceaux hertziens, la radio FM, la TNT, la RNT, le WiMAX, la goniométrie, les réseaux PMR, GSM-R, POCSAG…

Depuis, Cartoradio a enrichi ses fonctionnalités à plusieurs reprises. Dernière nouveauté en date : une carte de niveaux de l'exposition du public aux ondes électromagnétiques issues des stations de téléphonie mobile déployées en extérieur sur tout le territoire. Elle a été intégrée en avril 2025. Lancé en 2021, le projet aura donc demandé trois années de développement avant d'être rendu public. L'objectif: informer et améliorer la connaissance du public vis-à-vis de cette exposition. «À ce niveau de détail et sur un pays entier, c'est une première européenne», affirme Ourouk Jawad, ingénieur radiofréquences à l'ANFR. Mêlant données de terrain et simulation informatique, la carte est mise à jour sur une base mensuelle. 

Mesurer et simuler la propagation des ondes électromagnétiques

Tout opérateur qui souhaite émettre à plus de 5 watts est tenu de se déclarer auprès du Comité des sites et servitudes. Différentes données concernant les émissions sont ainsi retransmises à l'ANFR, telles que la localisation géographique, la puissance, l'azimut, ou encore la technologie utilisée. À cela s'ajoutent des mesures sur site, ainsi que des données IGN sur le terrain et les bâtiments et les informations de la base de données ANFR sur les antennes, les fréquences, et les émissions.

Ces données sont ensuite traitées via un simulateur développé par le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB). «Nous utilisons pour cela des modèles mathématiques éprouvés, qui permettent de simuler précisément la façon qu'ont les ondes de se propager , décrit  Nicolas Noe, ingénieur au CSTB. La propagation des ondes suit en effet des règles physiques connues, qui mettent en jeu la puissance des émetteurs, leur orientation, les fréquences considérées et les obstacles situés sur le trajet du signal. Ces opérations sont réalisées via la plate-forme Geomod. 

Jusqu'ici, cette cartographie montre que la majeure partie du territoire respecte les limites de sécurité en matière d'exposition. «Pour l’essentiel du territoire, les niveaux simulés apparaissent très faibles par rapport aux valeurs limites de l’exposition, en particulier en zone rurale. Des zones d’expositions plus importantes peuvent apparaître localement en présence de relief ou en milieu urbain. Cette simulation permettra d’orienter la surveillance vers les zones où l’exposition est susceptible d’être plus élevée», explique l'ANFR sur la page du projet. Cette connaissance approfondie permettra donc de se concentrer sur les zones à risque, pour y mener des analyses approfondies et imposer au besoin des mesures correctives. 

  Morgane Olès


  anfr.fr/maitriser/information-du-public/observatoire-des-ondes

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