Le projet JENII a fait son bilan de clôture
Le projet JENII a fait son bilan de clôture
Lancé en 2021, le projet JENII a tenu un colloque de clôture au mois du 25 au 26 juin 2025. L'occasion de faire le point sur le travail des différents partenaires autour des jumeaux numériques dédiés à l'enseignement.
L'Ecole nationale des arts et métiers avait présenté JENII lors du salon Laval virtual 2025.
En cinq années d'expérimentations pédagogiques, les jumeaux numériques ont-ils trouvé leur place dans un cadre d'enseignement? C'était peu ou prou le thème du colloque qui s'est tenu à la maison de la chimie à Paris, les 25 et 26 juin derniers. «Nous sommes des établissements de l'enseignement supérieur qui formons de futurs ingénieurs. Or nous savons que dans l'industrie, on développe et utilise de plus en plus de jumeaux numériques. Nous nous sommes donc demandé comment former des jeunes à cette technologie qui va au-delà d'une simulation numérique classique», a rappelé pour l'occasion Véronique Favier, directrice générale adjointe de l'École nationale supérieure d'arts et métiers (Ensam) et responsable scientifique du projet Jenii.
Le projet JENII, ou Jumeaux d’Enseignement Numériques Immersifs et Interactifs, est dédié à la formation à travers l'intégration de jumeaux numériques et environnements virtuels immersifs. Il a été sélectionné parmi les 17 lauréats de l’appel à manifestations d’intérêt «Démonstrateurs Numériques dans l’Enseignement Supérieur» lancé dans le cadre du PIA4 (Programme d'Investissement d'Avenir). Coordonné par Arts et Métiers, le projet était aussi porté par le CEA, le Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM) et le CESI (lire cet autre article Twin+).
15 jumeaux numériques créés
Au fil de ces années, ce sont ainsi quelque quinze jumeaux numériques couvrant des domaines variés qui ont été conçus au sein des différents lieux d'apprentissage: atelier de fonderie, usine flexible, usinage, déroulage de bois, atelier de forgeage… L'idée était bien entendu de recréer les machines et leurs caractéristiques techniques, mais également les environnements de travail qui les entourent dans la réalité. «En termes d'immersion, je peux dire que nous sommes allés au-delà de ce que j'espérais», a affirmé Laurent Champaney, directeur de l'Ensam.
Les différents jumeaux ont été utilisés pour reproduire des actes techniques, des environnements métiers, mais également pour faire découvrir différents secteurs sur des salons dédiés à l'orientation professionnelle. Enfin, une grande partie du travail autour du projet JENII a été de mener des recherches sur l'efficacité technique et pédagogique de l'usage de jumeaux numériques dans l'enseignement. Quatre doctorants, qui ont profité de ce cadre pour mener des études, présenteront leurs résultats prochainement, et plus de cinquante articles scientifiques ont été publiés sur la durée du projet. Afin de donner un accès facilité aux réflexions et conclusions des différents acteurs, deux documents ont également été publiés: un livre blanc, qui définit les grands concepts du jumeau numérique interactif, et un vadémécum, qui constitue un guide pratique pour l'usage des jumeaux numériques dans l'enseignement.
Mais «l'aventure n'est pas terminée», affirmes Jean-Marc Augier, directeur général de CESI. Les acteurs de JENII sont désormais entrés dans une phase de "dissémination" des jumeaux numériques, cherchant à les adapter à divers cadres éducatifs. Les organismes de formation comptent également poursuivre leur collaboration. Au sein du projet Confluences, ils travailleront sur les jumeaux numériques en termes d'environnement des espaces d'apprentissage.

