Sur VivaTech, Amazon embarque Veolia et MetaWorldX

Publié le 19 juin 2023 par Xavier Fodor

Sur VivaTech, Amazon embarque Veolia et MetaWorldX

Cette année, AWS présentait un modèle de fusée pour Arianespace, un challenge de tir au but pour la Bundelsliga, la fédération de football allemande, mais aussi deux jumeaux numériques…

Pédagogique. Tel est le but de ce jumeau numérique du traitement de l’eau présenté par le Digital Lab de Veolia Eau de France sur le stand d’Amazon à VivaTech. « Nous avons commencé à en parler il y a environ 1,5 ou 2 ans, confie Thomas Desplaces, Cloud technical Leader au Digital Lab. Nous travaillons depuis de nombreuses années avec Amazon sur des sujets liés au drone, , à la réalité virtuelle ou au jumeau numérique. En septembre dernier, les trois personnes de notre équipe ont été formées sur l’IoT par Amazon et nous avons commandé cette maquette, reçue en janvier. Il a ensuite fallu près de deux mois pour l’implanter ». Car si, sur ce stand de la Porte de Versailles, elle tient sur environ 1m2, cette maquette peut fonctionner « pour de vrai ». D’habitude présentée dans leurs locaux de Saint-Maurice, elle représente une petite partie d’une usine de traitement de l’eau, tel qu’il en existe un peu partout en France. « Nous avons ici deux réservoirs d’eau et surtout beaucoup de données à récupérer comme la consommation électrique des pompes, des capteurs qui quantifient les volumes d’eau et d’autres qui remontent la température de l’eau »…

L’idée consiste à montrer comment ces informations sont récupérées, envoyées et analysées dans le Cloud AWS, puis restituées sur un tableau de bord. Le tout se passe en temps réel, avec une capacité de contrôle à distance et un stockage de la vidéo. Là encore Veolia Eau de France s’appuie sur un large panel de solutions proposées par Amazon : AWS Cloud, Amazon Managed Garfana, Timestream, AWS Lambda, AWS IoT Greengrass, IoT Core ou encore IoT TwinMaker… Dans une fenêtre du Dashboard apparaît justement le jumeau numérique du dispositif. « Il change de couleur en cas de non conformité, détaille Thomas Desplaces. Regardez, nous simulons une fuite. Sur la canalisation, le capteur s’affiche en rouge. Le problème est aussitôt traité et le réservoir, qui s’affiche habituellement en vert, passe au bleu. En même temps, nous recevons le SMS envoyé automatiquement par le système ».

En réalité, cette maquette n’a pas l’ambition d’être mise en production. « Elle n’est qu’un prétexte, servant à lancer notre discours, avoue le responsable. Nous présentons le rôle du jumeau numérique et la manière dont on pourrait le compléter, par exemple pour faire de la maintenance prédictive, en ajoutant des caméras, de l’intelligence artificielle ou des capteurs de PH… ». La cible ? Ce sont les collectivités, généralement propriétaires de ces infrastructures dont Veolia s’occupe dans le cadre de contrats pluriannuels. Or, pour répondre aux enjeux de préservation des ressources (eau, énergie, produits chimiques, etc.) et faire face à l’explosion des coûts, il est nécessaire de moderniser les équipements et optimiser les procédés de production et d’assainissement de l’eau. Et pour superviser le tout, rien de tel qu’un jumeau numérique !

Tout connaître sur Toronto

La preuve avec cet autre exemple démontré juste à côté par MetaWorldX. « Il s’agit tout bonnement du plus grand jumeau numérique urbain d’Amérique du Nord », assure Raza Jafri. Le fondateur et CEO de cette entreprise canadienne basée à Ontario est lui aussi partenaire d’Amazon, qui héberge notamment sur le Cloud les données de la ville de Toronto. Sur VivaTech, elle s’affiche sur un petit écran simplement signé « Jumeau Numérique de Toronto » . « C’est en temps réel, présente Raza Jafri. Ici, nous avons les données de températures et là celles du trafic routier. En cliquant ici, nous affichons les principaux incidents signalés par la police de la ville. Et là, la localisation des différents locaux mis en vente ou à la location et susceptibles d’intéresser une compagnie qui voudrait s’implanter dans la ville ». Le passage d’une catégorie à l’autre est fluide et le rendu hyper réaliste, digne du meilleur jeu vidéo. « Notre plate-forme est basée sur le moteur d’Unreal. Partenaire d’Esri, nous géoréférençons totalement la maquette qui s’appuie sur les données SIG extraites d’ArcGIS par les services de la ville. Pour les rendus d’ensoleillement ou les projections des ombres, nous travaillons avec Nvidia ».

Si la ville de Toronto s’étend sur une superficie de 630 km3, le métavers présenté par MetaWorldX englobe une bonne partie de la Région du Grand Toronto. Il sert par exemple aux services de police pour localiser les lieux où des crimes sont commis. Il est ainsi possible de créer des heatmap localisant les zones sur lesquelles il faut améliorer la sécurité. Un autre utilisateur est Toronto Global, un organisme de promotion économique qui cherche à attirer des entreprises et des investisseurs.

« Les ports et aéroports, les mines et les gestionnaires de réseaux de transports sont d’autres utilisateurs que nous ciblons à travers le monde ». D’ailleurs sur son site, la start-up affiche avoir déjà numérisé à travers le monde quelques 8.000 km2, notamment la ville de Cartagène en Espagne ou le site de Neon en Arabie Saoudite. Un métavers du désert que Raza Jafri présentait aussi sur VivaTech...

  Xavier Fodor


  veoliawatertechnologies.fr/fr/solutions/solutions-digitales

 metaworldx.com/

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